VENDREDI17 JUIN
La scène comme territoire sensoriel : le corps, la lumière, la matière et le son y deviennent les fragments d’une même mémoire.
Vendredi 17 juin n’est pas le récit d’un souvenir. C’est ce qu’il en reste dans un corps.
Dans un espace nu, gris, traversé par une lumière qui contraint plus qu’elle n’éclaire, un homme tente de se tenir. Le temps se fracture, l’espace se déforme et des fragments de réel résistent tandis que le corps cherche à reconstruire ce qui lui échappe.
Le corps avance, résiste, cède, recommence.
La chute revient comme un motif impossible à faire taire. Elle n’est ni spectaculaire ni accidentelle : elle est la répétition physique d’une mémoire qui cherche encore sa forme.
La vidéo ne vient pas illustrer ce qui se déroule sur scène.
Elle agit comme un second danseur : présence autonome, image décalée, trace qui apparaît, disparaît ou contredit le corps vivant.
Le souffle, les frottements, les craquements et les impacts composent une matière sonore brute, au plus près de la peau.
Le spectacle ne cherche pas à reconstituer un événement ni à apporter une réponse.
Il place le spectateur face à une expérience sensible : celle d’une date suspendue dans un corps.